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1874 : Naissance de la Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis

La préface du Tome I - Un solide programme

D 4 juillet 2018     H 09:17     A Pierre     C 0 messages


PRÉFACE.

« La Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis a pour but, comme l’indique son nom, la publication de documents inédits, relatifs à l’histoire des provinces d’Aunis et de Saintonge, et aux pays qui ont fait partie des anciens diocèses de La Rochelle et de Saintes et de la Généralité de La Rochelle, soit cette partie du littoral de l’Océan qui s’étendait de Coutras à Marans, et qui comprend aujourd’hui les six arrondissements de la Charente-Inférieure, ceux de Cognac et de Barbezieux ; quelques cantons de la Vendée et du Poitou. Tout ce qui intéresse l’histoire de cette contrée, hommes ou choses, abbayes et prieurés, églises et châteaux, communes et paroisses, hospices et écoles, familles et personnages ; toute pièce manuscrite antérieure à 1790, contrats, arrentements, chartes, aveux et dénombrements, mémoires, actes d’état civil ou lettres de personnages, sont de son domaine. Elle recevra avec reconnaissance tous les documents qu’on voudra bien lui communiquer, et pourra les publier ou en entier ou par extrait, suivant l’importance. Qu’on ne craigne pas de recueillir les moindres faits ou les plus petites pièces. Il n’y a rien à négliger en histoire.

« Préserver de la destruction, en les imprimant, les pièces des archives publiques ou privées qui ont survécu à des désastres trop répétés ; réunir en un recueil spécial les documents relatifs à la Saintonge et à l’Aunis, qui se trouvent disséminés à La Rochelle et à Poitiers, à Angoulême et à Bordeaux, à Saintes et à Saint-Jean- d’Angély, à Paris et à Londres, en une foule de localités fort éloignées ; rendre par la typographie lisibles pour tout le monde des textes souvent indéchiffrables aux personnes peu versées dans la science paléographique ; fournir ainsi des matériaux à ceux qui ont le goût des recherches historiques, sans avoir toujours le moyen de les faire mettre à la portée de tous, dans les bibliothèques publiques ou particulières, dans chaque mairie, dans chaque maison d’école, des volumes importants pour l’histoire du pays, que tout le monde pourra facilement lire et consulter : par là, ranimer l’amour de l’étude et faire mieux connaître le passé d’une région encore imparfaitement étudiée, telle est la pensée qui a donné naissance à la Société. Le moyen d’arriver à ce résultat,c’est l’association. Chaque souscripteur,—et tout le monde peut l’être, commune ou individu, puisqu’il n’est exigé d’autre condition que le versement de douze francs,. — reçoit en échange de cette faible cotisation un volume au moins par an, plusieurs si les ressources de la Société le permettent. Car l’association étant une espèce de société coopérative, où quelques-uns revendiquent l’honneur de travailler gratis dans l’intérêt de tous, et où chacun retire de son capital un intérêt, il est évident que plus les sociétaires seront nombreux, plus elle aura à donner aux actionnaires. Aussi, quoique le succès de la Société soit aujourd’hui assuré, grâce aux honorables encouragements qu’elle a reçus de toutes parts dès le début, est-il de l’intérêt individuel que chaque membre autour de lui fasse connaître la Société, travaille à son développement et lui gagne des adhérents.

« Que tous les hommes qui ont à cœur l’amour du pays et le souci de son développement intellectuel apportent leur concours à la Société. Elle s’adresse aux gens de bonne volonté, sans distinction aucune, et réclame l’appui de tous. C’est une œuvre utile que nous entreprenons, et éminemment patriotique. Des associations semblables existent autour de nous, à Bordeaux et à Poitiers. L’Aunis et la Saintonge voudront aussi élever un monument à l’histoire. Sans prétendre à la gloire de former un de ces grands recueils, honneur Éternel des Bénédictins, il nous sera doux de sauver de la destruction quelques pièces intéressantes, et de fournir à nos contemporains, de laisser à nos descendants des instruments de travail et des matériaux pour une histoire de notre province. »

Cette circulaire, qui en résume plusieurs autres adressées ou aux communes ou à des particuliers, explique suffisamment le but de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis. Nous n’insisterons pas.

L’appel fait au mois d’avril 1874 fut assez promptement entendu pour que le nombre des souscripteurs, d’abord fixé à cent cinquante, permit à l’association de se constituer. Dans une assemblée générale, qui eut lieu, le 28 mai, à l’Hôtel de ville de Saintes, le règlement provisoire fut discuté et approuvé. Le Bureau et le Comité de publication furent nommés pour 1874 et 1875 clans cette même assemblée. En même temps, la réunion décernait le titre de fondateur à M. Louis Audiat, bibliothécaire-archiviste de Saintes, professeur au collège, et décidait qu’un exemplaire spécial des publications de la Société lui serait offert à titre d’hommage. Ainsi, la Société, créée en avril, était fondée en mai. Bientôt un arrêté préfectoral du 5 juin lui donnait une existence légale

Il s’agissait de réunir les matériaux du premier volume qui devait paraître en 1874. Grâce à des prodiges d’activité, ils furent prêts en quelques mois ; et l’impression commença. Ce n’est qu’au prix des plus grands efforts que le Bureau et le Comité ont pu en si peu de temps mener à bien une tâche aussi difficile et une œuvre aussi délicate.

Nous, Préfet de la Charente-lnférieure,

Vu les articles 291, 292 et 294 du Code pénal et les articles 1, 2 et 3 de la loi du 10 avril 1834 ;
Vu les instructions de M. le Ministre de la sûreté générale, en date du 3 mai 1852 ;
Vu la demande qui nous a été adressée pour l’organisation d’une Société dite « Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis », à Saintes ;

Arrêtons,
Article 1er. — Est autorisée la création à Saintes d’une Société dite « Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis », et le règlement qui nous a été fourni est approuvé tel qu’il est, revêtu de notre visa et aux conditions prescrites par les articles suivants.
Art. 2. — Le nombre des membres de la Société ne pourra pas dépasser 150 [1]. Toute augmentation de ce nombre devra faire l’objet d’une demande spéciale.
Art. 3. — Toute discussion sur les matières politiques, administratives et religieuses est entièrement interdite, et entraînerait suppression immédiate de la Société.
Art. 4. — Aucune modification, de quelque nature qu’elle soit, ne pourra être apportée au règlement approuvé par nous, sans une autorisation spéciale de notre part.
Art. 5. — M. le Sous-Préfet de Saintes est chargé de l’exécution du présent arrêté.
La Rochelle, le 5 juin 1874.

Signé : E. de Blignières.


[1Ce chiffre a été élevé postérieurement à 400.

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